Nous manquons de service après-vente !

Quand j’ai débuté, un des slogans était de susciter une pastorale du désir. Ceci dit, la majorité de nos rencontres d’Église étaient pensées sur le modèle suivant : « Venez donc vous asseoir deux heures de temps sur une petite chaise inconfortable, dans une pièce grise et froide. »
L’Église n’est pas un concessionnaire automobile… pourquoi donc utiliser un tel vocabulaire? Parce que nous devrions nous inspirer de cette logique marchande pour apprendre.

Quand on y pense, le service après-vente est une aberration intellectuelle. Puisque l’objectif d’un concessionnaire automobile est de vendre une automobile, pourquoi se soucier de vous et votre satisfaction au-delà de la vente ? Ça ne fait aucun sens… à moins qu’ils pensent à long terme et qu’ils songent déjà aux prochaines voitures que vous achèterez. De là, l’importance de se soucier de vous et de votre attachement à la marque.

Quand avez-vous eu le temps d’appeler les familles endeuillées, quelques semaines après des funérailles ? Quand avez-vous pris le temps d’organiser un dîner pizza avec vos couples de l’été, histoire d’échanger photos et anecdotes, rappeler que vous êtes disponibles au besoin ? Comment relancez-vous les familles en catéchèse, au-delà des sacrements ? Loin de vous lancer la pierre, je vous lance quelques propositions pour bonifier notre service après-vente.

Éviter la ligne d’arrivée !

L’immense majorité des calendriers de « préparation/parcours/initiation chrétienne/catéchèse » débute par une soirée d’information et se termine par un sacrement. En créant ainsi nos calendriers, nous fixons le sacrement comme la ligne d’arrivée, la fin. Aux Olympiques, on ne voit jamais un marathonien courir un kilomètre de plus pour le plaisir, il s’en tient au parcours déterminé. Pourquoi ne pas immédiatement annoncer une ou deux activités au-delà du sacrement? C’est certain que vous n’aurez pas tout le monde, puisque ce ne sera plus un public captif, mais vous serez surpris de voir des gens libres venir participer.

Chaque calendrier devrait avoir une activité de type « retour et pistes pour continuer ». Cela induit dès le départ que le sacrement n’est pas le terme de ce qui est entrepris. Avec les adultes de confirmation, je faisais cela autour d’une bière dans un restaurant. J’ai en tête un groupe unique, où l’immense majorité du groupe est venu et a souhaité poursuivre la fraternité au-delà en créant un groupe Facebook. Pour justifier cela en beaux mots universitaires, cela permet de vivre un temps de mystagogie, où l’on relit ce qui a été vécu lors des sacrements, de la démarche. Vous n’avez pas idée des questions que suscitent nos célébrations, si vous n’avez pas pris le temps de vivre régulièrement ce type de rencontre.

Chaque calendrier devrait avoir une activité de type « retour et pistes pour continuer ». Cela induit dès le départ que le sacrement n’est pas le terme de ce qui est entrepris.

Construire des ponts et des jonctions

La vie est faite de transitions… la pastorale aussi. On ne peut pas garder perpétuellement les familles en pastorale du baptême. L’enjeu est donc de créer des ponts et des jonctions afin de simplifier ces transitions. Comment peut-on passer aisément de la catéchèse baptismale à la P’tite pasto, des démarches d’initiation chrétienne à un groupe d’ados ?

Les ponts se font avant tout dans la rencontre effective des acteurs du groupe à venir, dans le groupe actuel. Mon meilleur exemple est mon bal/party des confirmés. Dans mon premier lieu d’intervention, j’invitais tous les confirmés et tous les groupes d’ados de la région pour un party (avec un résultat inégal considérant l’esprit de clocher de l’époque),: dj/musique, nourriture sympathique, sports extérieurs (on a pu voir un évêque actuel jouer au football et des prêtres jouer au hockey avec nos confirmés et nos ados). L’idée est simple, permettre aux confirmés de rencontrer les différents groupes d’ados et ainsi faciliter le passage. Pourrait-on permettre à une famille de la P’tite pasto de témoigner durant la catéchèse baptismale ou aux mouvements présents dans notre milieu (Cursillo, Développement et Paix, communautés nouvelles, groupes d’adultes, etc.) de venir se présenter dans la préparation au mariage

N’investissez pas tout votre temps dans la « préparation » et les obligations

Les gens déduisent de ce que nous faisons. Si tout notre temps est investi dans la préparation qui est obligatoire en vue des sacrements (peu importe comment on l’intitule), les gens déduiront que ce sont les seuls moments où il est pertinent d’être présents. Ayez des invitations optionnelles, auxquelles les familles passées et actuelles sont invitées. Soyez créatifs : sandwichs pour les démunis, cartes pour les aînés à Noël, visite à l’oratoire. N’hésitez pas à utiliser le calendrier liturgique et le calendrier civil pour vous inspirer.

Je sais que les employeurs n’en sont pas toujours convaincus, mais les implications qui ne sont pas directement liées à la tâche sont importantes pour l’image de l’Église : le réseau des Églises vertes, le dialogue interconfessionnel, le commerce équitable, Développement et paix. Je comprends que notre temps d’emploi est souvent compté en fonction de nos « dossiers », mais ce type d’engagement, révèle quelque chose de nous comme intervenant, mais révèle bien plus encore de la mission profonde de l’Église qui est de signifier l’amour de Dieu pour notre monde. On peut témoigner avec bien des paroles, mais ce type d’engagement par les intervenants pastoraux parle.

La majorité de nos rencontres d’Église étaient et sont pensées sur le modèle suivant : « Venez donc vous asseoir deux heures de temps sur une petite chaise inconfortable, dans une pièce grise et froide. »

Créer des traditions ancrées dans le plaisir

Quand j’ai débuté en pastorale en 2005, un des « slogans » de l’époque était de susciter une pastorale du désir. Ceci dit, la majorité de nos rencontres d’Église étaient et sont pensées sur le modèle suivant : « Venez donc vous asseoir deux heures de temps sur une petite chaise inconfortable, dans une pièce grise et froide. » On ne peut pas reprocher aux gens de bouder nos activités, elles n’ont souvent rien de désirable. Quand nous ne sommes pas à l’Église et que nous recherchons à nous divertir, quels sont nos loisirs, nos bons moments? Cela devrait nous diriger, bien plus que les traditions paroissiales.

Je lance des idées pêle-mêle de petites traditions que j’ai vécues à divers moments : une chasse aux œufs de Pâques, une chasse au trésor dans l’obscurité de l’église pour Halloween, un jeu d’évasion dans l’église, un repas avec d’autres communautés chrétiennes, fin de semaine de camping pour la Pentecôte, ménage de terrain pour le jour de la Terre, etc. À travers chaque activité, se poser la question : comment puis-je bonifier le plaisir des gens présents ?

Oser sonder

Vive SurveyMonkey ! Je me souviens avoir bâti une multitude de sondages sur cette plateforme pour connaître l’opinion des familles sur nos démarches et nos célébrations. Comme intervenant, on prend en compte les directives diocésaines, l’opinion du prêtre qui préside, les disponibilités de nos lieux… mais quand prend-on réellement le temps d’accueillir l’opinion des familles et se laisser transformer par celle-ci ?

Conclusion

Je suis convaincu que la majorité d’entre vous avait déjà lu cela ou est déjà dans cette veine. Je croyais important de l’écrire, parce que dans ma propre expérience, la diminution des ressources humaines et la « recherche d’efficacité » nous mènent bien souvent à oublier ce qui semble superflu en apparence.

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Simon Lepage

Simon Lepage

Ce texte a été écrit et publié par Simon Lepage sur son compte Facebook personnel. Il est reproduit ici avec son aimable autorisation.

Une réponse

  1. Cet article est très juste …Je vous invite à partager ces points de vue dans ma paroisse St-Marcel de Pointe-Aux-Trembles car je partage vos points de vue……On doit se parler avant…Je suis un ami de Mathieu Binette
    Marius Minier
    514-503-5112

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